La phrase du 22 février

"Je n'y crois plus"       

"Je n'y crois plus, et d'ailleurs, je n'y ai jamais vraiment crû". C'est en ces termes que le Ministre de l'industrie Christian Estrosi s'est exprimé ce matin au micro d'Europe 1 concernant la reprise d'Heuliez.. Louis Petiet, à la tête de BKC, le repreneur, n'est pas en mesure d'apporter les 15 millions d'euros nécessaires au sauvetage du petit équipementier automobile. Le Ministre lui demande aujourd'hui de "se retirer sans histoire" de cette affaire, afin de permettre à un autre repreneur de faire une offre. La présidente de Poitou Charentes, Ségolène Royal, a révélé que la Macif, l'entreprise mutualiste de Niort et un groupe éco-industriel ont l'intention d'entrer au capital de l'équipementier, mais à hauteur de combien, la question reste posée! Le Ministre et Mme Royal sont également en négociation avec une demi-douzaine de repreneurs potentiels. Les politiques auraient-ils enfin compris que pour trouver une solution aux problèmes, il faut mettre de côté ses convictions politiques et travailler main dans la main? On l'espère, mais rien n'est moins sûr... En attendant, chez les syndicats, l'inquiétude grandit : "Heuliez est au bord de l'abîme. Il y a un risque énorme de dépôt de bilan, il faut qu'un repreneur investisse très concrètement dans quelques jours sur le compte en banque de l'entreprise". On croise les doigts pour cette PME qui fut un équipementier automobile réputé, mais qui aujourd'hui, lâché par les constructeurs automobiles (Peugeot produit désormais les toits de la 207CC, alors qu'Heuliez a produit près de 360 000 systèmes CC pour la 206...) et qui essaie aujourd'hui de trouver son salut dans le véhicule électrique. Sans grande conviction... 

Plus au nord, ce sont les salariés de la raffinerie Total de Dunkerque qui sont dans l'incertitude. Le mouvement de grève continue et la pénurie, toujours selon les syndicats, pourrait se faire ressentir sur l'ensemble du territoire d'ici 3 à 4 jours si les négociations n'avancent pas. Ce matin, Nicolas Sarkozy a reçu à l'Elysée Thierry Desmarest, président du Conseil d'administration de la multinationale française, afin de trouver une solution. Et hier, le Ministre Estrosi (il a du boulot en ce moment lui!) s'entretenait avec le PDG de Total, Christophe de Margerie, afin de maintenir l'emploi dans le nord. Les syndicats, selon TF1 News, ont été entendus puisqu'aujourd'hui on apprend que le comité central d'entreprise extraordinaire a été avancé du 29 au 8 mars. Une première victoire pour les salariés, mais la guerre est loin d'être finie. Une affaire qui met en lumière les surcapacités de raffinage dont les pays européens sont victimes... car nous consommons moins que nous raffinons. Il semble logique que des raffineries ferment. Mais que va-t-il advenir des salariés? Si vous avez la réponse...

En bref, l'industrie automobile et tout ce qui gravite autour va mal en France. On le savait... mais on n'a rien fait...Ca n'est malheureusement que le début!

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